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22/09/2005
Compte rendu de la rencontre avec le Conseil Général 93
(Catherine Binon, Michel Bouillot, Fernand Estèves)
jeudi 22 septembre 2005
publié par Collectif

Dans le cadre de relations avancées avec plusieurs villes, sur la façon possible de travailler ensemble, le conseil régional a été rencontré cet été, et le conseil général 93 en septembre, avec Mme Claire Pessin Garric.

Tout l’historique de notre démarche a été raconté, en remontant jusqu’en 1994 avec les premiers séminaires avec Luc Carton. Pour en venir au collectif d’aujourd’hui.

Les deux éléments qui ont bien accroché sont :

- les notions de co-décision et de co-production à ne pas mélanger. Mme Pessin Garric a montré qu’elle avait une grande expérience de la démocratie participative à Montreuil,
- l’idée d’éducation à l’intervention, à la pratique politique, présentée par Michel Bouillot.

Ce qui passe difficilement, c’est la critique des associations d’éducation populaire.

Pour Michel Bouillot, l’entretien a été dense et passionnant, chargé d’un tas de conflits, d’ambiguïtés, posant vraiment des problèmes. Cet entretien a duré plus d’une heure, par un département assez unique en France s’étant doté d’une mission d’éducation populaire. Nous avons un discours qui doit être affiné. Notre présentation doit être claire. Quand on rencontre un élu, il s’attend à voir arriver des gens qui viennent avec un projet clair pour demander des moyens. : « dites moi ce que vous voulez faire et ce que vous attendez de moi ». De ce point de vue nous devons travailler à une véritable lisibilité de notre proposition. Nous étions très divers et pas homogènes. La préoccupation de Pessin Garric était de savoir quelle place nous pouvions avoir dans ce que le département est en train de mettre en place. Le CG estime avoir déjà l’esquisse d’une « politique publique » dans le domaine de l’éducation populaire. Le discours qui est le nôtre ne peut pas être entendu brut de décoffrage par la constellation des associations d’éducation populaire du département. Le département a d’abord identifié tous les acteurs de l’éducation populaire, puis a cherché à nouer des relations avec cette constellation. Le département s’est donc interdit a priori d’avoir un message sur l’éducation populaire et préfère construire la réflexion avec les associations d’éducation populaire. Or nous, nous avons un message, et qui plus est, perturbant.

A un moment, nous avons dit que l’hypothèse de travail n’était pas d’intégrer le collectif des associations d’éducation populaire mis en place dans le département avec une vingtaine de structures. Mais alors qu’est ce que le département en tant que collectivité territoriale peut venir faire dans une démarche comme la nôtre ? Autrement que pour nous donner de l’argent ou une place autour d’une table.

On arrive dans une démarche classique de démocratie délégataire, et nous ne nous situons pas dans ce jeu.

Il reste un désir de garder le contact mais de surmonter une impression de perturbation. Quel type d’association proposons nous à une collectivité publique ? S’agit-il de soutien à une démarche ou d’implication dans une démarche ? Mais alors s’agit il encore d’une offre civile de réflexion ?

Pour Jean Bourrieau, nouveau chargé de mission éducation populaire pour le CG93, il s’agissait d’une vraie discussion sur le fond. L’entretien a coincé sur la démocratie participative et le rôle de l’élu, ainsi que sur le rôle et la pertinence des associations. Madame Pesin Garric ne peut pas accepter d’entendre une sorte de condamnation ou une critique des associations d’éducation populaire, qui, pour elle, font un travail formidable.

La question était : « qu’est ce qu’on peut faire ensemble » ? La seule chose que le CG refuse de financer c’est du fonctionnement. Une collectivité qui rentrera dans la démarche ne rentrera pas sur une « crise de l’action publique » mais sur une contre-attaque claire !

Une proposition a été faite de nous financer en tant que médiateurs-experts au sein du collectif, invités par le CG. Ceci est impossible, nous ne voulons pas nous situer en tant qu’experts. Mais la discussion reste ouverte.

Pour Jean Bourrieau, ce qui demeure problématique concerne les limites et difficultés des stratégies de participation des collectivités locales. L’idée qu’il puisse y avoir des difficultés dans les tentatives de démarche participative pose problème.

Tout n’est pas qu’affaire de procédures et de pratiques, il y a aussi l’ordre du positionnement institutionnel. Il est difficile qu’une collectivité publique puisse porter seule le processus de formation à l’intervention dans la cité, alors même qu’elle a le pouvoir. Elle a besoin de tiers porteurs. Mais le département a aussi le droit de considérer qu’il n’a pas besoin de conseils dans ce domaine.

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