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Barbara Safarova Directrice de programme au collège international de philosophie, Présidente d’abcd, présente :
Danse avec les esprits : l’œuvre de John Bunion Murray
Au Séminaire de la trinité en déroute au sinthome,
mardi 28 avril 2015
publié par Madeleine Abassade

Séminaire de la trinité en déroute au sinthome,

Samedi 30 mai à 14h à l’ITP 83 Bd Arago 75014 Paris salle 22

Barbara SAFAROVA

Directrice de programme au collège international de philosophie,

Présidente d’abcd, présente :

« Par leur production créolisée – résultat du syncrétisme entre les cultures africaine, européenne et indienne –, les artistes afro-américains déjouent les catégories du sacré et du profane ; ils s’approprient d’anciens symboles pour renouveler leur signification dans une espèce de prière visuelle et de régénération spirituelle.

J. B. (John Bunyon) Murray fait partie de cette génération post-esclavagiste qui, bien que libre, vit dans la misère, et, illettré par absence de scolarisation, gagne sa vie comme journalier dans différentes plantations. Très croyant, il se marie en 1929 et fonde une famille de onze enfants. Néanmoins il se sépare de sa femme à la fin des années 1950 et s’installe en solitaire dans une cabane au confort rudimentaire.

C’est dans le courant des années 1970 qu’une expérience mystique le conduit à dessiner et écrire pour communiquer sa foi. Ses dessins sont composés d’écrits et de figures totémiques nourries de vaudou. Dictés par Dieu et compréhensibles de lui seul, les textes sont à lire, disait-il, à travers une bouteille d’eau « sacrée » tirée de son puits. Le Bien et le Mal, le Paradis et l’Enfer sont au centre de son œuvre.

Sa production artistique est complexe, issue de pratiques religieuses syncrétiques, de rapports violents entre cultures dominante et dominée. La rapporter à la coupure du monde et à un comportement quasi autistique reviendrait à effacer les racines culturelles qui la nourrissent, ainsi que le rôle que cet artiste aurait pu jouer au sein de sa communauté. Finalement, on pourrait peut-être « contourner » ce problème en mettant en exergue les trois verbes qui caractérisent cette œuvre si particulière : réparer, guérir, protéger. »

Barbara SAFAROVA.

Post Scriptum :

Rappelons que ce séminaire, d’une grande richesse culturelle, de recherche et d’études cliniques, autour des articulations entre art - création - folie - maladies - société..., est ouvert à toutes les personnes intéressées par les sujets qui y sont abordés. Après un exposé d’environ 1 h 30 par un(e) invité(e) choisi par Lise Maurer -psychanalyste qui fut longtemps psychiatre à l’hôpital de Ville Evrard- les participants sont invités à partager leurs réflexions.

Par exemple, à l’occasion du séminaire du 30 mai, nous pourrons réfléchir, avec Barbara Safarova, sur les raisons économiques qui ont poussé JB Murray du côté de la création...Et par quel biais son œuvre s’est trouvée portée à la connaissance d’un grand nombre ? et enfin, est-ce que sa commercialisation, s’il en est, revient à ses nombreux descendants ?

Ces questions peuvent être qualifiées de matérialistes. Sans les négliger pour autant, cette rencontre sera aussi l’occasion de découvrir la singularité d’un homme qui inventa pour continuer de vivre, malgré la misère, un dialogue imagé avec l’au-delà. De garder la face, celle d’avoir été père, peut -être, ou encore une fois séparé de son épouse de souhaiter déplacer son énergie libidinale...

Cette rencontre sera aussi l’occasion d’écouter le travail de recherche et d’investigation de Barbara Safarova, Présidente d’abcd Art Brut, qui est à compter, tout particulièrement, parmi celles et ceux sans qui bons nombres d’œuvres, et leurs auteurs, qui sont pour certaines rangées dans la catégorie d’Art Brut, seraient restés hors absolument de notre portée.

Madeleine Abassade


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