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Il y a trente ans, Pierre Allard disparaissait.
Christian Maurel.
vendredi 9 mars 2018
publié par Christian Maurel

Pierre Allard, ce nom ne dira sans doute quelque chose qu’à ceux qui l’on connu et pour lesquels, membres de sa famille, amis, collègues de travail, militants associatifs, élus municipaux... sa disparition brutale a été un choc. Il dirigea les MJC de Montluel dans l’Ain, puis celle de Susville dans le bassin minier Matheysin dans l’Isère avant de rejoindre la MJC du quartier de la Mutualité à Grenoble, l’année de sa disparition.

Compagnon de randonnée en haute montagne et collègue de travail, voici ce que j’écrivais au tout début de ma thèse sur les MJC soutenue en 1992 à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales * :

Pierre aurait pu être un très bon élève. Mais l’intérêt qu’il porte aux autres, à ce qu’il appelle la "pâte humaine" et aux mouvements de l’après 68, s’accommode mal des rigidités de l’institution scolaire, ce qui ne l’empêchera pas, tout en étant pion, d’obtenir une maîtrise de géographie et même une admissibilité au CAPES. Mais la géographie alpine, discipline dans laquelle il excelle, n’est pas pour lui, qu’affaire de représentation graphique.

Lors de sa présentation au jury de recrutement de directeurs de MJC en 1977, il écrit : "Ce que j’ai le mieux réussi, c’est ma vie privée et là où je me sens le mieux, c’est dans les moments d’effort et de difficultés, notamment en montagne. C’est dans ces moments là qu’on décèle les véritables valeurs qui sont en chacun."

Pierre, pour qui CAF veut d’abord dire Club Alpin Français, est à l’image de l’institution dans laquelle il a choisi d’entrer. Dans ce jeu "aux frontières de la vie et de la mort" selon la formule de Maurice Herzog*, il prend le risque de tout perdre. En janvier 1988, dans un couloir de la face nord du Taillefer, il bascule en pleine lumière, au grand midi de nos vies.

* Les Maisons des Jeunes et de la Culture en France depuis la Libération. Genèse et enjeux (sous la direction de Jean-Claude Passeron).

* Haut commissaire puis Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports de 1959 à 1966, période pendant laquelle les MJC connurent un développement fulgurant passant de moins de 200 à plus de 1000.


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