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CINEMA
" L’INSOUMIS ", portrait serein d’un Mélenchon serein
film de Gilles PERRET, en salle depuis le 21.02.18
jeudi 22 février 2018
publié par Marc Lacreuse

EN SALLES DEPUIS LE 21 FEVRIER 2018

" L’INSOUMIS " , de Gilles PERRET

portrait serein d’un Mélenchon serein

( article d’Emmanuel Burdeau paru dans Médiapart )

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« L’Insoumis », portrait serein d’un Mélenchon serein

Le cinéaste Gilles Perret a suivi le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors des derniers mois de la campagne présidentielle de 2017. Résultat : un portrait dont l’empathie assumée n’empêche pas que se glissent quelques interrogations.

"Il est intéressant que L’Insoumis, en salles ce mercredi 21 février, sorte presque en même temps que les propos tenus par Laurent Wauquiez devant les étudiants de l’école de management de Lyon. Le documentaire que Gilles Perret consacre à Jean-Luc Mélenchon est un peu le contre-champ, sinon la réponse, à cette « affaire ».

Idéologiquement d’abord, on s’en doute. Gilles Perret ne dissimule pas une seconde qu’il s’accorde avec les idées du leader de La France insoumise. Mais pas seulement, et peut-être pas essentiellement. C’est surtout sur la question de la parole politique – son volume, ses régimes, son adresse… – que la différence joue. D’un côté, l’énième épisode d’une longue série sur les rapports entre le in et le off, ce qui est dit pour être diffusé et ce qui est censé demeurer circonscrit à un cénacle, les dérapages plus ou moins contrôlés… De l’autre, un film qui, contre toute attente, refuse de se situer sur ce terrain.

Car rien n’est off, dans L’Insoumis. Tout l’est donc aussi bien puisque, seul et simplement muni d’une petite caméra, Perret a obtenu de suivre Mélenchon pendant les derniers mois de la campagne de 2017 ? Même pas. D’une part, « JLM » a posé comme condition à la réalisation du film que sa vie privée n’y occupe aucune place. D’autre part, il ne tient ici aucun propos comparable avec ceux de Wauquiez. Aucune réelle confidence, pas un mot plus haut – ou plus bas – que l’autre ni l’ombre d’une vacherie. À peine a-t-on l’impression de pénétrer dans des coulisses, même si les scènes de loge en marge d’un meeting ou d’une émission télévisée ne manquent pas.

Sans doute cette remarque – qu’il y a ici si peu de off qu’on n’est plus sûr que le reste soit encore du in – ne vient-elle qu’en second. L’effet premier de L’Insoumis est de présenter un Mélenchon à mille lieues de son image de tribun brillant mais toujours à deux doigts de s’emporter. Il s’agit du portrait d’un homme souriant et posé. Le parti adopté est, comme il est énoncé au détour d’une réunion, celui de la sagesse et de l’humour.

Si Perret, notamment réalisateur du documentaire La Sociale et qui a rencontré Mélenchon à l’occasion du tournage des Jours heureux (2013), film consacré au Conseil national de la résistance et à son programme, l’a voulu ainsi, c’est qu’il est convaincu que là est son vrai visage. Ni hystérie, ni barnum. Et c’est comme il suivrait la tournée d’une humble petite troupe amateur que le cinéaste accompagne les progrès pourtant impressionnants de la campagne insoumise. "


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