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ESSAI
LE DECHAÎNEMENT DU MONDE / LOGIQUE NOUVELLE DE LA VIOLENCE
par François CUSSET ( Ed. La Découverte )
mercredi 8 août 2018
publié par Marc Lacreuse

ESSAI :

" LE DECHAÎNEMENT DU MONDE

LOGIQUE NOUVELLE DE LA VIOLENCE "

de François CUSSET

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- présentation critique par Nidal TAIBI

( L’Humanite du 8.08.18 )

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" L’abbé Pierre, Gilles Deleuze, Pierre BOurdieu ou, plus récemment encore,

le couple Pinçon-Charlot n’ont cessé d’avertir que la réalité de la violence,

contrairement aux idées reçues, ne se cantonne pas à la violence physique.

Dans le même esprit critique, Françaois Cusset, historien des idées, propose

aujourd’hui une nouvelle évaluation conceptuelle de la notion de violence.

A force de se focaliser sur " l’instant t " du surgissement de la violence, " on

ne voit plus ce qui la précède et la suit, on ne voit plus ses mécanismes ni

ses effets ", indique François Cusset . Il s’inscrit ainsi à rebrousse_poil de

l’idée dominante selon laquelle la violence ne cesse de reculer depuis la

Seconde Guerre Mondiale.

A l’opposé de la thèse popularisée par le best-seller " La part d’ange en

nous ", du psychologue canadien Steven Pinker, Cusset défend qu’il existe

une autre violence "qui n’apparait dans aucune statistique, aucun bilan

morbide, mais elle émaille les jours et les nuits de nos vies

contemporaines".

Cela va, par exemple, des nouvelles formes de précarité dans le monde

du travail au pillage des ressources naturelles, , en passant par les

règles de bienséance de la sociabilité quotidienne - très coûteuses de

l’économie psychique individuelle -imposées graduellement par mes

classes dominantes depuis le XVIe siècle .

La violence donc, sous da forme " rationalisée ", est plus pérenne,

puisqu’inscrite dans les structures mêmes de la société .

Ce sont ces nouvelles modalités et logiques de la violence que l’auteur

se propose d’examiner.

Mais il est également une autre violence, plus " vertueuse " : la violence

révolutionnaire ou émancipatrice . Cusset clôt son ouvrage par une

réflexion sur les nouvelles logiques de résistance à travers le monde

( mouvements d’occupation des places, radicalisme écologique, etc. ).

L’historien constate que, malgré la spécificité propre à chacun de ces

groupes, et les modes d’action adaptés à chaque situation, ils partagent

tous l’idée que " la violence, lorsqu’elle est instrumentale, tactique,

peut s’avérer pâyante, et il serait dommage d’en exclure l’usage

a priori . "

Nidal TAIBI


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