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COMITE DE LECTURE POPULAIRE
« La politesse » ou le champ littéraire en question
Joel KEROUANTON
samedi 21 mars 2015
publié par Madeleine Abassade

L’écrivain Joel KEROUANTON, nous propose de partager une réflexion littéraire né d’un travail collectif avec des lecteurs et l’auteur du roman “ La Politesse”, de François Bégaudeau. Une réflexion amorcée quand ce livre était encore à l’état de manuscrit. »

« Dans La politesse, ce ne sont pas les idées qui manquent pour donner la parole aux lecteurs, sachant que donner la parole pour donner la parole est impoli, mieux vaut désaccorder les désaccords (et vice et versa) entre les lecteurs et l’auteur. Ça peut se passer par exemple lors d’un SAS de lecture, une création partagée autour de travaux littéraires en cours d’écriture – un genre de comité de lecture populaire qui donne à la rature une existence sociale. »

« On pourrait résumer La politesse de François Bégaudeau par quelque chose comme : c’est l’histoire d’un mec qui écrit. Il écrit pendant dix ans et il veut se faire un petit bilan à soi-même, alors il raconte ses histoires d’écriture. Enfin, ses histoires de quand il n’écrit pas, de quand il rencontre des gens qui aiment bien ses livres sans les avoir lus. Ça le fait rire, ces gens qui parlent de ses livres sans les avoir lus, puis ça ne le fait pas trop rire, en fait ça ne le fait pas rire du tout. Pour ne pas partir en vrille il raconte là où il en est par rapport à tout ça et surtout : là où il rêverait être. Et ça rêve sec. Enfin, on ne sait plus trop s’il rêve ou si ces rêves existent déjà, en fait. On s’aperçoit petit à petit que ces rêves – la troisième partie de l’ouvrage – représentent des créations partagées de lecture et d’écriture, une avant-garde de la démocratie culturelle dans le champ littéraire français au début du XXIe siècle (rien que ça).

(....)

Qu’est-ce que ce livre apporte de plus au genre roman, qu’est-ce qu’il pervertit, qu’est ce qu’il apporte par rapport au modèle qu’on a appris, quel pas de côté fait-il pour entraîner la création d’un nouveau genre, en quoi ce livre alimente la littérature… Le scénario est connu d’avance : la réception critique de La politesse oubliera ces questions fondamentales pour mettre vraisemblablement le focus sur l’endroit médiatique de la partie un et deux, en faisant fi de la troisième, ce qui arrangera tout le monde. Et pourtant cette dernière partie – un programme politique, un vrai – donne du grain à moudre pour les décennies à venir. Y a du taf. »

Pour lire l’intégralité du texte « La politesse » ou le champ littéraire en question : Le site de Joel KEROUANTON : http://joelkerouanton.fr/archives/3778


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