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Dans Le Monde du 4-3-2017.
Les Français de plis en plus sévères avec les responsables politiques.
Gérard Courtois / sondage IPSOS.
samedi 4 mars 2017
publié par Christian Maurel

Les Français de plus en plus sévères avec les responsables politiques. Selon un sondage Ipsos, l’intérêt pour l’élection présidentielle reste vif.

Inexorablement, le fossé ne cesse de se creuser entre les citoyens et la politique. Après bien d’autres, l’enquête réalisée par Ipsos du 20 au 24 février pour l’association Lire la société, à l’occasion de la journée du livre politique organisée samedi 4 mars à l’Assemblée nationale, le démontre sans détour. Certes, d’une manière générale, près de deux Français sur trois (64 %) déclarent s’intéresser à la politique, une proportion en hausse de 7 points par rapport à novembre 2016, lors d’un précédent sondage Ipsos pour Le Monde ; et 71 % des personnes interrogées assurent être intéressées par l’élection présidentielle.

Mais cet intérêt n’efface pas, bien au contraire, les sentiments extrêmement négatifs que suscitent la politique en général et les hommes et femmes politiques en particulier. Plusieurs réponses étant possibles (et leur total étant par conséquent supérieur à 100), c’est d’abord la déception qui domine largement (62 %), même si ce sentiment a reculé de 6 points par rapport à novembre 2016. En revanche le dégoût (44 %) et la colère (41 %) ont progressé respectivement de 5 et de 4 points depuis quatre mois seulement. Ces deux réactions sont particulièrement marquées chez les 35-44 ans, chez les moins diplômés, chez les ouvriers et parmi les sympathisants du Front national (FN).

Les partis décriés.

A l’inverse, si l’indifférence a fortement régressé (10 %, – 8 points), il ne se trouve que 18 % des Français, notamment les plus diplômés, les cadres supérieurs et les sympathisants de la droite, pour associer la politique à l’espoir et… 2 % seulement à la passion. D’ailleurs, 17 % seulement des personnes interrogées jugent que le système démocratique fonctionne plutôt bien en France et que leurs idées sont bien représentées – contre 83 %, en hausse de 11 points depuis janvier 2013, qui sont d’avis contraire.

Quant aux hommes et aux femmes politiques, la dégradation de leur image se confirme, voire s’aggrave. Seulement 11 % des Français (en baisse de 7 points depuis 2013) considèrent que les acteurs politiques agissent principalement dans l’intérêt des citoyens, contre 89 % qui jugent qu’ils le font principalement pour leurs intérêts personnels. Pis encore, 82 % (en hausse de 10 points en un an et de 20 points en quatre ans) estiment que la plupart des hommes politiques sont corrompus ; ce jugement est particulièrement prononcé chez les Français aux revenus les plus bas et chez les ouvriers, ainsi que chez les sympathisants de l’extrême gauche et du FN (respectivement 95 % et 94 %).

Les partis politiques sont tout aussi décriés : 84 % des sondés (en hausse de 6 points depuis novembre 2016) jugent que, la plupart du temps, ils constituent un frein à l’amélioration de la situation en France… Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que 20 % des Français seulement se déclarent actuellement engagés dans des activités citoyennes (politiques, syndicales, associatives…). Très faible chez les moins de 35 ans, cet engagement est plus fréquent chez les femmes, les cadres supérieurs et les Français les plus aisés, ainsi que parmi les sympathisants des mouvances communiste ou centriste.

Leur motivation première (60 %) est de se " sentir utiles ", mais près de la moitié (46 %) entendent réaffirmer des valeurs importantes pour eux ou changer une situation qui les préoccupe. Quant aux causes d’engagement privilégiées, il s’agit de l’éducation des jeunes (44 %), de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion (41 %) et la protection de la nature et de l’environnement (37 %).

En revanche, le désenchantement démocratique est fortement souligné par deux chiffres. Non seulement 55 % des personnes interrogées (et jusqu’à 69 % chez les moins de 35 ans) assurent n’avoir jamais été vraiment engagées dans des activités citoyennes. Mais surtout 25 % l’ont été par le passé mais ne le sont plus aujourd’hui, ce désengagement touchant notamment un tiers des plus de 60 ans, réputés plus disponibles pour des activités associatives et similaires. Au total, cette enquête éclaire d’un jour sombre l’état de l’opinion à la veille de l’élection présidentielle.

Gérard Courtois.

© Le Monde


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