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Dans Le Monde du 7-9-2018.
Les jeunes préfèrent le bénévolat à la politique.
dimanche 9 septembre 2018
publié par Christian Maurel

Les jeunes préfèrent le bénévolat à la politique.

Selon une enquête du Conseil national d’évaluation du système scolaire, plus de 40 % des élèves de terminale s’impliquent dans des organisations humanitaires ou environnementales.

Les formes traditionnelles d’engagement citoyen, dans des partis ou des syndicats, ne semblent plus vraiment avoir la faveur des jeunes, qui préfèrent s’investir autrement, notamment à travers le bénévolat, selon une étude publiée vendredi 7 septembre.

Cette distance des jeunes envers l’engagement politique ne traduit pas pour autant un désintérêt pour la vie civique, souligne Nathalie Mons, qui dirige le Cnesco, le Conseil national d’évaluation du système scolaire. « On a des jeunes qui ne sont pas du tout apathiques civiquement » mais qui « souhaitent s’engager différemment ».

Le rapport analyse les réponses de 6 600 élèves de terminale, recueillies au printemps dernier. Un rapport plus exhaustif, qui portera sur les réponses de 16 000 collégiens et lycéens, est attendu pour février prochain. Quelque 12 % des élèves de dernière année de lycée déclarent s’être déjà investis dans la politique. Mais près de quatre fois plus (44 %) disent s’impliquer dans des organisations humanitaires ou environnementales. Peu confiance dans le système

Le Cnesco rappelle que le taux d’engagement des jeunes de moins de 35 ans en France dans le bénévolat est parmi les plus élevés en Europe, et qu’il a fortement progressé depuis 2010. Les jeunes « semblent aussi vouloir s’engager sur des actions revendicatives sur des sujets identifiés », note le Cnesco, qui cite la signature de pétitions, la manifestation ou le boycott de produits.

Un quart des élèves de terminale n’ont pas ou peu confiance dans le système démocratique, révèle cette enquête. Ce sont le plus souvent des garçons, des élèves scolarisés en lycée professionnel, ou des enfants, dont les parents ne s’intéressent pas du tout à l’actualité.

Parmi les jeunes qui excluent tout engagement civique dans le futur (6 % des élèves interrogés) figurent, à parts égales, des lycéens déclarant avoir de mauvais résultats scolaires ou de très bons résultats, relève le Cnesco. Pour ces derniers, l’explication pourrait être une focalisation extrême sur leurs résultats scolaires, auxquels ils consacrent tout leur temps, avance Nathalie Mons.

Le gouvernement prévoit une consultation de la jeunesse sur les modalités du service national universel (SNU), dont l’inscription dans la Constitution a été votée en juillet. Ce futur service national comprendra un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, suivi d’un engagement sur la base du volontariat.


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