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Résistance et résilience
Par Jacqueline Butaeye
lundi 20 novembre 2017
publié par Madeleine Abassade

Toutes les photos qui ont accompagné les textes écrits par Jacqueline, sont de Jean-Paul Butaeye.

Nous avons vu le Mur, soit disant de sécurité. Il mesurerait 32O kms s’il suivait la ligne verte qui marque la frontière reconnue entre Israël et la Cisjordanie. En réalité il en mesure le double. Entre 680 et 709 avec toutes les détours et contours à l’intérieur de la Cisjordanie pour prendre les terres et les sources d’eau. L’objectif étant de prendre 45 % de la Cisjordanie.

Nous avons vu les colonies telles les métastases d’un cancer se répandre en Cisjordanie et border comme à Béthléem les cultures des Palestiniens que les colons viennent arracher.

Nous avons vu les Palestiniens emprunter les routes d’enclaves comme des pestiférés. Ces routes qui relient entre eux les villages encerclés par les colonies leur sont exclusivement réservées. Elles passent sous terre dans 60 tunnels financés par la communauté internationale. Routes empuanties par les eaux d’évacuation déversées du haut des colonies.

Nous avons vu les maisons démolies dans le village de Qalandia. En moyenne 150 destructions par an pour 150 permis accordés contre 200O nécessaires. 167 destructions en 2016 . 36 en août dernier.

Nous avons assisté à la libération d’ un homme âgé de 47 ans, marié père de deux enfants qui après avoir été en prison pendant 10 ans avait été de nouveau arrêté pour appartenir à l’association Stop the wall. Libéré au bout d’un an après 40 jours de torture, de privation de sommeil, 3 hospitalisations, menaces sur sa femme nous dit avec douceur : « Je continue ».

Nous sommes témoins de tout cela et pourtant là-bas, nous ne rencontrons que des Palestiniens chaleureux, accueillants, généreux, doux, constructifs. Avec eux, nous avons pris des leçons de partage. Nous avons beaucoup ri .

Comment cela est-il possible ?

Je trouve les mots dans cette lettre que Salah Hamouri a écrite de sa prison israélienne ces derniers jours. Avocat franco-palestinien, Salah Hamouri est militant de Addameer, association de soutien aux prisonniers politiques palestiniens Il raconte son arrestation en pleine nuit le 23 août à Jérusalem sans aucun chef d’inculpation.

« En marchant vers la porte d’entrée de mon appartement, avant d’en sortir pour une durée qui m’était inconnue, je fixais la photo de mon fils accrochée au mur. Dans son regard, j’ai puisé de la force pour affronter les durs moments qui m’attendaient. Je l’imaginais me dire : Papa, sois fort, on sera vite réunis tous les trois. Je lui promettais alors de rester fort et de ne jamais donner l’occasion à cette occupation de nous confisquer notre humanité et de détruire notre vie comme elle s’acharne à le faire… Rester forts, humains et garder notre sourire en toute circonstance. »

Nous reconnaissons cette force , ce sourire et l’humanité de tout un peuple.

Les Palestiniens sont forts mais ils nous appellent à l’aide pour les soutenir dans leur combat pour leur liberté et leur dignité.


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