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Toujours en Israël village de Sakhnin, en Galilée
Par Jacqueline Butaeye
dimanche 19 novembre 2017
publié par Madeleine Abassade

Nous sommes reçus par Thérèse et Ali dans « la tente de la culture et de la liberté. » Thérèse est native des Pays-Bas. Tout commence avec la Naqba en 1948 il y a près de 60 ans nous expliquet-elle.

En 1948 population : 3 800 habitants pour une superficie de 7 000 ha . Aujourd’hui, population :33 000 habitants pour une superficie de 920 ha.

La population est composée de 10 % de Chrétiens, 90 %de Musulmans. Pas de différence entre eux. Noël et les fêtes musulmanes ainsi que les événement civils sont partagés.

Difficile de vivre la parodie des tribunaux militaires où 99,3 % des accusations sont transformées en condamnations.

Les terres ont été prises en application de la loi des absents. En 1948 , elles ont été minées. Beaucoup de personnes ont marché sur ces mines. Fin 1960, « judaïsation » de la Galilée. Expression utilisée par le gouvernement israélien. Judaïser une région c’est remplacer les Palestiniens qui l’habitent par des Juifs. Israël a déclaré une partie comme zone militaire et la terre a été confisquée.

L’autre difficulté est d’obtenir un permis de construire. Pour sa maison, Thérèse a attendu 20 ans. La condition était de donner 1/3 de ses terres à l’État. Sakhnin est une de ces zones étouffées. Les constructions ont été le deal de tractations avec les autorités publiques.

Avant 1948, 90 % des terres étaient palestiniennes. Aujourd’hui elles sont 3 % au sein des limites de l’État d’Israël de 1948.

Très peu de gens vivent de l’olivier. Thérèse a 27 arbres. Elle produit l’huile pour sa propre consommation et pour le plaisir de maintenir ce lien à la terre. Son frère a un peu moins d’1 ha à partager entre 7 frères et sœurs.

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Ali, né à Sakhnin , en Israël depuis 1948

« Etre dépossédé de sa terre par un étranger, ne pas avoir de droits,est-ce cela la démocratie ? » Ali s’est marié il y a 30 ans avec Thérèse. Militant politique, il a été emprisonné très souvent. 12 ans de prison, c’est peu par rapport à 20 ou 30 ans ou perpétuité. Le 30 mars 1976 , une manifestation pour protester contre la confiscation des terres fut violemment réprimée à Sakhnin. 6 jeunes furent tués dont la nièce de 16 ans de Ali. Ali nous présente le monument conçu par deux artistes palestiniens de Kaïffa et un Juif démocratique qui commémore cet événement. Il porte le nom des 6 jeunes tués et représente la relation d’une mère à son enfant et la relation d’une mère à la terre.

30 mars : Née à Sakhnin, la Journée de la Terre , devenue fête nationale, l’une des plus importantes dans toute la Palestine, commémore cet événement . Chaque année, elle se passe dans un village différent. Un village détruit ou en projet de destruction.

En Israël, certaines localités ne sont pas reconnues officiellement et ne figurent pas sur les cartes sauf militaires. Etre non reconnu, c’est n’avoir ni eau ni électricité. Le projet gouvernemental est de déplacer ces populations et repeupler autrement en volant la terre et le nom des villages Les Bédouins occupaient le sommet des collines avec leurs troupeaux. Les paysans cultivaient les basses collines et les vallées.

Toutes les terres occupées par les troupeaux au sommet des collines ou petites montagnes sont considérées comme non travaillées et prises par Israël. 1000 ha de terre ont été pris pour établir des colonies pour les Français. Pour établir ces colonies, depuis 1980 il a fallu vider les collines des communautés bédouines qui y vivaient.

Ceux qui avaient un titre de propriété ont refusé de partir contrairement à ceux qui n’avaient qu’un droit d’usage. Les Bédouins dispersés ont été regroupés dans des grottes.

Certains villages ont perdu toutes leurs terres agricoles qui sont utilisées pour des zones industrielles. Les taxes sont versées aux colonies. Les municipalités ne bénéficient d’aucune ressource pour leurs infrastructures


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