Education populaire & Transformation sociale !
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Tous les mardis à l’Espace Niemeyer (Paris)
Université permanente.
Une initiative du Réseau école du PCF.
mercredi 24 octobre 2018
publié par Christian Maurel

Très bonne initiative que cette mise un place d’une université d’éducation permanente de la part d’un parti attaché à la transformation radicale d’une société qui ne peut continuer encore longtemps sa course folle vers un abîme dont nous avons encore bien du mal à voir la profondeur.

Cependant le texte de présentation qui en est proposé me questionne. Non sur les contenus mais sur les méthodes qui se résument pour l’essentiel, me semble-t-il, à des conférences, je suppose suivies de débats, faites par des spécialistes dont les compétences ne sont sans doute pas contestables. Mais où est la places des individus, de ce qu’il convient d’appeler encore le peuple, dans ce qui devrait caractériser toute démarche réelle d’éducation populaire : la co-construction des savoirs au service de la conscientisation, de l’émancipation, de l’augmentation de la puissance individuelle, collective et démocratique d’agir sans lesquelles il ne saurait y avoir de réelle transformation sociale, révolutionnaire ou réformiste, et de ce que j’appelle une "nécessaire et urgente bifurcation de l’Histoire", question sur laquelle je travaille actuellement.

Mon expérience,notamment dans les MJC, dans l’Université populaire du Pays d’Aix-en-Provence ainsi que mes travaux de recherche et mes publications me conduisent à nous poser la question des méthodes. Voir notamment deux de mes livres ("Éducation populaire et puissance d’agir. Les processus culturels de l’émancipation" / L’Harmattan, 2010 et "Éducation populaire et questions de société. Les dimensions culturelles du changement social"/ Edilivre, 2017). Je me permets également de recommander "Socialismes et éducation au 19ème siècle", publication co-dirigée par Gilles Candar, Guy Dreux et Christian Lavala aux éditions Le Bord de L’eau, 2018.

Bonne chance à cette expérience qui ne peut être que très utile par les temps qui courent...

Christian Maurel, sociologue, corédacteur du site.

UNIVERSITÉ PERMANENTE.

Les communistes créent une université permanente. L’éducation populaire telle que nous la concevons est une action politique au sens large et noble du terme qui s’inscrit dans une perspective émancipatrice. La politique n’est pas l’art du publicitaire qui espère manipuler et détourner la pulsion du consommateur. La politique n’est pas non plus qu’une affaire de « passion » ; elle est aussi le lieu de la rationalité.

La politique a aussi et surtout à voir avec la connaissance, non pas sur le modèle du théoricien éclairant les masses, mais plutôt sur le modèle du dialogue entre des connaissances et des acteurs décidant par eux-mêmes de l’usage qu’ils pourraient en faire.

La politique ne saurait se réduire non plus à l’indignation. Bien sûr, cette critique morale est utile et ne doit pas être sous-estimée. Mais elle ne suffit pas. Notre société n’est pas d’abord menacée par l’immoralité de ses dirigeants (même si celle-ci n’arrange rien), mais elle est menacée par des logiques largement anonymes (marchés financiers, croissance, etc.).

L’éducation populaire telle que nous la concevons consiste à diffuser les outils intellectuels permettant aux citoyens de comprendre ces dynamiques sociales à l’œuvre dans nos sociétés.

Une université permanente est l’occasion de montrer la faiblesse des discours pseudo-savants et peut contribuer à accroître la qualité du débat politique.

Ce qui pouvait hier nourrir une perspective progressiste prenant au sérieux les apports de Marx notamment, s’est vu si largement relégué au second, voire au troisième plan, du fait de l’offensive idéologique du libéralisme que nous ne serons pas de trop pour animer cette si nécessaire contre-offensive.

Le programme 2018-2019 de l’Université permanente : quatre cours de neuf séances auront lieu cette année, neuf heures de Philosophie, neuf heures de Lettres, neuf heures en Histoire et en Économie.

En Philosophie, les conférenciers traiteront du Matérialisme. Le philosophe Olivier Bloch, professeur émérite à Paris I Panthéon Sorbonne, spécialiste du matérialisme et de la littérature clandestine des XVIIème et XVIIIème siècles, nous a fait le plaisir d’accepter une interview qui viendra clore le cycle.

Le programme de Lettres sera consacré à Aragon. Olivier Barbarant qui dirige la publication des œuvres d’Aragon dans la Bibliothèque de la Pléiade nous a fait l’honneur de participer à la conception du programme. Il animera par ailleurs trois séances.

En Histoire, le cours portera sur la Révolution française. Des chercheurs de plusieurs générations viendront restituer la complexité de l’événement fondateur. L’historien Claude Mazauric, en plus de participer aux séances, nous a aimablement conseillé pour constituer le cours.

Enfin en Économie, le cours sera consacré aux crises. Les conférenciers, chercheurs au CNRS, administrateurs à l’INSEE, économistes à la Banque de France, etc. proposeront une analyse économique à contre-courant des lectures habituelles qui ont eu bien des difficultés pour anticiper les crises de notre temps

Les conférences se tiendront chaque semaine, les mardis, à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel-Fabien, Paris 19e.

Nous voulons, dans une perspective d’éducation populaire, permettre à une large majorité d’accéder à un savoir ordinairement réservé à une minorité.

Les conférences seront diffusées en direct et seront disponibles le lendemain sur la chaîne Youtube de l’Université permanente

En pièce jointe le programme détaillé des séances


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