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Vous avez dit "Black Blocs " ?
lundi 25 mars 2019
publié par Madeleine Abassade

En France, « la tradition de la violence manifestante est un phénomène très ancien. Si l’on remonte au XIXe siècle, les manifestants jetaient des billes sous les sabots des chevaux de la police pour les faire tomber. La violence manifestante a toujours existé ». [1]

Face aux mouvements continues des Gilets jaunes, le Ministère de l’Intérieur focalise l’attention sur les violences des Black Blocs, et veut les emprisonner. Il trouve prétexte à menacer la liberté de manifester, allant jusqu’à envisager de mobiliser l’armée.

Mais comment mettre en prison un "mouvement" ?

Pour le site Education Populaire & Transformation Sociale, des précisions sur ce que désigne Black Bloc :

« Les Blacks Blocs, antifascistes, rejettent le pouvoir mais aussi les méthodes classiques de lutte sociale. » Alain Jocard/AFP  [2]

- Pour le chercheur Paolo Stuppia « Pour utiliser une formule un peu provocatrice, on pourrait dire que le Black Bloc n’existe pas. C’est une méthode de lutte, plutôt qu’un groupe. D’où le non-sens des demandes de dissolution de ce « mouvement ». Il s’agit d’une stratégie affinitaire et temporaire, soulignée par le chercheur canadien Francis Dupuis-Déri dans sa recherche sur les mouvements altermondialistes.

Le théoricien anarchiste Hakim Bey parle, lui, de zones d’autonomie temporaire, d’espaces de lutte en dehors de l’État ou contre l’État, qui se dissolvent une fois leur but atteint. Anticapitaliste, le black bloc se situe dans des courants idéologiques qui n’ont rien à voir avec l’extrême-droite. »  [3]

“L’idéologie” des Black Blocs :

- Les Black Blocs sont apparus à Berlin Ouest pendant l’hiver de 1980 alors que les policiers vidaient brutalement des squats de militants du mouvement autonome. Décidés à défendre leur logement, ces militants formeront les premiers Black Blocs – expression lancée par la police allemande – qui affronteront les policiers dans de violents combats de rue. [4]

- « Si les Black Blocs sont de sensibilité anarchiste, écrit Francis Dupuis-Déri [5], ce n’est pas en raison de leur potentiel violent mais bien plutôt parce qu’ils fonctionnent de façon égalitaire et libertaire ; en d’autres mots, leur structure et leur processus de prise de décision sont non autoritaires et non hiérarchiques.

Au cours de leurs discussions, la parole des femmes est aussi importante que celle des hommes. Elle est encouragée face à la tendance des hommes a avoir plus de facilité à prendre la parole en public.

Les anarchistes en général et les Black Blocs en particulier ne sont pas les instigateurs du mouvement « antimondialisation », mais ils participent à la dynamique de ce mouvement et plusieurs y voient un lieu privilégié où exprimer leur critique du capitalisme et de l’État libéral. Journalistes, porte-parole des groupes réformistes et militants non-violents dérangés par la présence et les actions des Black Blocs concluent trop souvent que les Black Blocs sont anarchistes parce qu’ils ont recours à la force.

Il s’agit là d’un amalgame fallacieux qui laisse dans l’ombre trois faits importants : toutes les idéologies politiques et mêmes religieuses ont su justifier la violence de leurs partisans lorsque cela leur convenait ; l’anarchisme compte beaucoup de partisans non-violents  et certains Black Blocs ont participé à des manifestations sans avoir recours à la force . Ce fut le cas, entre autres, lors des manifestations pour les droits des femmes à Washington (22 avril 2001), contre le Forum économique mondial à New York (janvier-février 2002) et contre le Sommet du G8 à Calgary et à Ottawa (juin 2002). »

- Selon la politologue Sylvie Dugas : « L’usage de la force permet aux partisans du Black Bloc de signifier aux plus défavorisés qu’ils sont prêts à mettre leur corps en péril pour exprimer leur solidarité envers eux. » [6]

A l’occasion de luttes, des militants venus de plusieurs pays européens rejoignent ceux du pays concerné. Ils sont anonymes, généralement masqués, souvent habillés en noir au moment des affrontements. Ils protègent les manifestants engagés dans des résistances sociales.

« Certains black blocs pratiquent la destruction de biens matériels : attaques de banques, bâtiments gouvernementaux, sociétés multinationales, caméras de vidéo-surveillance, publicité et tout ce qui à leurs yeux représente le capitalisme et l’État. Cette volonté de ne pas frapper n’importe quelle cible est une constante de la violence autonome de rue.

Ces actions sélectives ne visent pas à s’attaquer aux personnes, aux petits commerces, aux habitations et aux biens collectifs indispensables mais aux biens des représentants du capitalisme et l’État ». [7]

Recherche sur Internet pour la rédaction de l’article « Vous avez dit Black Blocs » par Madeleine Abassade co-animatrice du site Éducation Populaire & Transformation Sociale

[1] https://www.franceculture.fr/emissi... qui sont les black blocs et quelle est leur stratégie, Sylvain Boulouque, enseignant-chercheur spécialiste de l’anarchisme, du syndicalisme et du communisme

[2] Sous titre de la photo en logo à cet article.

[3] https://www.humanite.fr/paolo-stupp...

[4] https://www.cairn.info/revue-mouvem...

[5] https://www.cairn.info/revue-mouvem...

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_bloc

[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_bloc


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